Rognac

Les parrains de la journée « HandiRognac : changeons notre regard sur le handicap »

Dimanche 21 mai 2017, l’association La Clé Rose en partenariat avec la Ville organise une journée familiale dédiée à la sensibilisation au handicap. Ainsi au COSEC Sylvestre Gruzza dès 10h, vous pourrez venir à la rencontre de deux champions qui ont accepté de parrainer cette journée.

Dominique Benassi, champion de l’Ironman Handi

 

Photo de Dominique Benassi lors de l'Ironman 2016Ville de Rognac : Bonjour Dominique, merci de répondre à nos questions. Avant tout, pouvez-vous vous présenter ?

Dominique Benassi : Tout d’abord, merci de m’avoir sollicité. Pour commencer, je m’appelle Dominique Benassi, j’ai 56 ans, je suis papa de 4 filles et je suis employé par le comité d’entreprise d’EDF en Corse. J’ai pour habitude de dire que je suis unijambiste et non handicapé. Je pense réellement que lorsque l’on se dit handicapé c’est que l’on croit ne rien pouvoir faire. Et pour relativiser tout ça, [nldr : j’ouvre les guillemets] : « au royaume des culs de jatte, l’unijabiste est roi ! » [rire]. Plus sérieusement, j’ai eu l’opportunité en 2005 de traverser l’océan Atlantique à la rame en compagnie de Frank Bruno et j’ai accessoirement 15 titres de champion du monde, en catégorie handi, sur le circuit du World Triathlon Compagny (WTC).

Comment avez-vous eu l’idée de vous lancer dans cette aventure qu’est l’Ironman handi ?

L’idée de me lancer dans l’aventure de l’Ironman est venue de ma frustration. Cette dernière est le carburant de la motivation et de la combativité. Pour faire simple, le triathlon était interdit aux personnes handicapées quand il a déferlé en Europe aux alentours des années 80. A cette époque, la Fédération Française de Triathlon n’avait pas encore intégré les « handis ». Or, quand je me suis tourné vers le sport, l’outre atlantique et d’autres pays européens m’ont fait me sentir mieux. En effet, leur approche de la discipline sportive handi est bien plus développé que chez nous, même s’il y a eu des progrès depuis la mise en place des paralympiques. Ainsi je peux vous avouer aujourd’hui que j’ai choisi délibérément l’Ironman, épreuve identique pour les valides et non valides, qui comprend en tout : 3,8 km de nage, 180 km de vélo et 42 km à pied que j’effectue, de par mon handicap, en fauteuil roulant. Car au final, nous prenons tous le départ sans distinction.

Qu’attendez-vous de la journée du 21 mai et qu’allez-vous nous présenter ?

Je ne vais pas vous dévoiler toutes les surprises qui vous attendent lors de cette journée [clin d’œil]. Mais, je vais tenter d’être à la hauteur et d’essayer de faire entrevoir une manière différente d’appréhender la vie aux personnes atteintes ou non d’une incapacité. La vie a cette spécificité de nous faire toucher du doigt les choses les plus importantes de notre existence. Comme l’a dit CS Lewis : « Dieu murmure dans nos moments de joie, mais tonne dans nos souffrances. La souffrance est son mégaphone pour réveiller un monde engourdi. ». Ainsi, cette journée sera pour moi un moment durant lequel je vais m’enrichir grâce aux rencontres que je ferai. Car, c’est au contact des autres que l’on grandit, que l’on s’affirme et que l’on devient ce que nous sommes. Je finirai par vous dire que rien ne sert de briller si on n’éclaire personne, merci à vous tous, qui lisez cette interview, de m’apporter toutes ces petites lumières et de me guider.

Rémy Segade, champion d’Europe de ping-pong handi
 

Photo de Rémy SegadeVille de Rognac : Bonjour Rémi, merci d’accepter de répondre à nos questions. Pouvez-vous nous dire qui se cache derrière le champion que vous êtes ?

Rémy Ségade : Bonjour, merci pour cette question. Pour commencer, je m’appelle Rémy, j’ai 40 ans et je suis dialysé depuis environ 20 ans. Après 2 greffes rénales qui n’ont pas marché longtemps, le don de ma mère m’a permis de me remettre au sport durant 2 ans. En effet, grâce à son don j’ai pu pratiquer le tennis de table que j’ai continué malgré mon retour en dialyse en 2008. Au fond, j’ai toujours été sportif avant de tomber malade. Ainsi, j’ai repris le ping-pong depuis 2006/2007 sans interruption avec 4 à 5 entrainements par semaine, des compétitions en équipe et des tournois individuels contre des joueurs valides. En 2010, j’ai découvert les championnats des transplantés et dialysés européens et nationaux. Mon palmarès est aujourd’hui le suivant : 5 titres nationaux, 2 fois champion d’Europe en 2010 et 2012, vice-champion d’Europe en 2014 et 2016 en catégorie tennis de table dialysé. Je pratique également la pétanque dont j’ai un titre de champion d’Europe 2014 en simple dialysé et un titre de champion d’Europe 2012 en doublette pétanque toutes catégories. Parallèlement à tout cela, je suis devenu juge arbitre jusqu'au niveau 2, entraineur fédéral et depuis peu entraineur handisport.

Comment en êtes-vous arrivé à faire du ping-pong handi ?

Quand j’étais plus jeune, nous avions une table d’extérieur chez mes parents. J’aimais beaucoup pratiquer le ping-pong et en été il m’arrivait d’organiser des tournois avec mes frères et tous les jeunes du quartier. Sans prétention je peux vous dire que je gagnais toutes les parties [rire]. Tous ces moments m’ont permis de m’évader et de m’amuser. Arrivé au lycée, je jouais avec les potes dès que j’avais 5 minutes de temps libre. A 15 ans j’ai rejoint le club d’Istres durant 1 an avant de devoir arrêter la pratique du ping-pong à cause de mes études et de ma maladie.

Qu’attendez-vous de la journée du 21 mai et qu’allez-vous nous présenter ?

J’espère que la journée du 21 mai va rassembler beaucoup de monde. Il est très important pour moi, qui suis investi dans le handi, de faire découvrir et sensibiliser à cette cause de manière générale. Je suis également très sensible à la question du don d’organe et j’espère pouvoir échanger sur ce sujet avec les rognacais. Montrer aux « valides » et aux personnes en situation de handicap que la maladie peut être surmontée est primordial. De plus, j’ai à cœur de prouver que nous sommes tous égaux, malade ou non, et d’aider les handis à trouver le courage de pousser la porte d’une association ou d’un club pour pratiquer une activité sportive. Enfin, je ne vous cache pas que j’ai préparé quelques surprises mais une chose est sûre, je ferai jouer les personnes porteuses d’un handicap contre les valides en les mettant en situation de handicap. L’astuce est simple, je proposerai aux valides de pratiquer un sport dans un fauteuil roulant, en leur rajoutant du poids, en réduisant leurs sens comme l’ouïe ou la vue et nous verrons qui s’en sort le mieux [rire]. Et pour finir, je n’hésiterai pas à faire des démonstrations de tennis de table entre joueurs handis et valides qui seront supervisés par Charlie Necas de l’Union de Tennis de Table de Rognac.

 
 
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